Parentalité bienveillante : Qu’est-ce que c’est ?

Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours eu une  forme d’affinité avec les enfants et le ressenti d’une sorte de fibre maternelle. Mais je n’avais pas prévue d’être mère si tôt,  lorsque j’appris donc ma grossesse, en moins d’une fraction de seconde je suis passée par toutes les émotions. Se rendre compte que l’on porte la vie en soi, c’est indescriptible. Mais c’est aussi et surtout beaucoup de responsabilité. Et si probablement j’ai eu un profond sentiment de joie, j’ai surtout ressenti énormément d’appréhension. Je ne m’étais pas préparée à être mère dans l’immédiat. Je n’avais pas prévu cette grossesse. J’ai donc été saisi de multiples interrogations ; Comment est-ce que j’allais faire ? Serais-je à la hauteur?Comment pourrais-je m’y préparer au mieux? Quelle éducation voudrai -je  pour mon enfan t? Comment réussir à m ‘épanouir dans ce nouveau schéma de vie  ? J’étais tout à fait débutante dans ce rôle de mère, d’autant qu’il faut dire je n’avais jamais eu dans mon entourage de bébé. En effet, pas de petits frères ou sœurs, ni de cousins ou cousines dont j’aurai pu m’occuper, au contraire je n’avais jamais gardé un enfant de ma vie, ni même préparé  un biberon et encore moins changé de couche. J’ai donc très vite senti le besoin de me renseigner, de lire sur le fait de devenir parens et j’ai ainsi écumé  les sujets et livres sur la parentalité pour me faire une idée de ce qui m’attendait. J’ai pris goût à me renseigner sur tout ce qui est attrait aux pédagogies alternatives, aux instructions extrascolaires, mais aussi au développement humain tant physique que cérébral, et c’est d’ailleurs pourquoi j’ai ouvert mon blog afin d ‘échanger et s ‘enrichir à ce propos.

 

Au fil de mes recherches, je me suis très vite intéressée à la parentalité bienveillante également appelée parentalité positive. Je préfère la seconde appellation qui rejette l’insinuation contraire d’une parentalité malveillante, ce que j’estime plutôt rare. En effet, des parents particulièrement sévères voire punitifs ne sont pas forcément malveillants. Il faut éviter les raccourcis dans les deux sens, tout comme éducation bienveillante ne veut pas dire tout permettre, toujours dire oui, laisser tout faire sans jamais s’y opposer. C’est très caricatural et c’est pourtant un cliché bien répandu. Je me souviens d’ailleurs d’une remarque de ma mère, lorsque je lui parlais de mes lectures à propos de l’éducation positive ;  «mais bien sûr ! les enfants finissent par dessiner sur les murs et les parents les laissent faire sous prétexte qu’ils expriment leur côté artistique » voilà ce qui résume assez bien ce que beaucoup ont comme à priori sur ces méthodes éducatives. Peut-être d’ailleurs que toi aussi tu en as une idée préconçue ? Alors la parentalité positive qu’est-ce que c’est ? Quelles sont les grandes lignes de l’éducation bienveillante ? Il n’y a pas de de définition exacte et il existe, évidemment, plusieurs approches, et je te livre ici la mienne :

 

L’éducation positive, ou accompagnement bienveillant de l’enfant, repose évidemment aussi sur le principe de discipline. Que cela soit bien clair. La nuance est la recherche de l’autodiscipline plutôt que la soumission parfaite aux ordres parentales. Il ne s’agit pas de laisser une totale liberté ni d’imposer des limites restrictives incomprises par l’enfant mais de poser des règles constructives compréhensibles pour l’enfant – j’ai envie de préciser pour le parent également, combien de parents donnent des ordres qu’eux-mêmes ne comprennent pas, mais j’y reviendrai. On tente ainsi d’orienter l’enfant vers le positif, sans lui coller l’étiquette d’enfant difficile, de petite terreur, de vrai monstre ou encore de méchant. Beaucoup imagine que ce qui demande du travail c’est de dire « non » à un enfant et de rester ferme sur celui-ci. En réalité, cette discipline autoritaire du « je t ‘ai dit non, c’est non, c’est moi qui décide, un point c’est tout» est ce qu’il y a de plus facile. En effet, nous ne cherchons ni à comprendre l’enfant, ni à ce que l’enfant nous comprenne. Nous ne cherchons que la soumission à un ordre donné par l’autorité parentale. Se mettre à la hauteur de l’enfant, prendre en compte son développement, telle que son immaturité cérébrale qui se traduit notamment dans la difficulté à gérer ses émotions, les facteurs externes, tenir compte de son point de vue, justifier à sa hauteur le pourquoi d’une règle, fournir l’effort d’écouter et de se faire comprendre, essayer d’en tirer sans cesse quelque chose de constructif et donc de positif, pour que l’enfant s’auto-discipline, tout cela demande, en revanche, un travail phénoménal. Mais comme tout travail, il paie. Ces efforts permettent une meilleure entente et ambiance familiales, et l’épanouissement de chacun, aussi ils permettent de responsabiliser l’enfant et l’éduquer, l’accompagner positivement.

 

Là ou une éducation autoritaire punit, l’éducation positive solutionne. On cherche des solutions adaptées plutôt que des punitions. Par exemple, tu laisses ton fils de 20 mois jouer avec le fils de ta voisine, qui lui pique sa voiture. Tu lui proposes alors la même voiture, similaire « ce n’est pas grave, tiens, joue avec celle-ci, c’est la même ». Mais voilà que ton enfant le mord, et se met à pleurer, de même son camarde mordu se met à hurler. C’est donc la grosse crise. On peut punir l’enfant « parce qu’on ne mord pas, c’est pas bien, tu es vraiment méchant » ce dernier se retrouve alors puni dans un coin, en pleurant encore davantage car il se sent incompris et méchant, d’ailleurs ce genre de phrases accusatrices sont bien plus nocives que ce qu’on pense, l ‘enfant à très vite tendance à vouloir satisfaire le rôle dans lequel on l’enferme. On peut aussi aussi punir le second, après tout « on ne pique pas les jouets des autres » et voilà que le deuxième pleure dans l’autre coin. Ils seront punis, certes, mais n’auront rien compris. Au contraire, dans ces situations, l’enfant se sent incompris et cela génère davantage de stress et donc davantage d ‘émotions, qui, rappelons-le, il ne peut pas gérer à cet âge-ci, tout simplement parce que son cerveau n’est pas encore tout à fait mature pour gérer les émotions. Autrement, on peut tenter de trouver des solutions, tout d’abord la cause de cette morsure et même de cet arrachage de jouet et comment l’éviter. Ici, un enfant de 20 mois, lorsqu’il possède un jouet ou voit son camarde heureux avec un jouet, il pense que cette joie est procurée par l’objet même qu’il tient entre ses mains, il n’est pas encore capable de projeter dans son cerveau qu’il pourrait avoir cette même joie avec un autre jouet, quand bien même parfaitement similaire. Ce qui l’intéresse c’est ce que détient son copain et qui le rend heureux et non l’objet en lui-même. Il veut lui aussi être content et en déduit, que c’est ce qu’il a dans ses mains qui le rend content, c’est pourquoi il s ‘en empare ou refuse d’en être séparé. L’enfant se trouve donc contrarié, il va donc chercher à l’exprimer, mais il n’est pas capable de le faire verbalement, il va donc mordre pour s’affirmer. Dans cette situation, le rôle du parent ou de l’éducateur est primordial, il doit aider l’enfant à gérer son émotion, en commençant par exemple par un câlin, qui va déclencher de l’ocytocine comme hormone et permettre de ne pas se laisser submerger par ses émotions, mais de se sentir apaiser, il est important ensuite de l’aider  par exemple à mettre des mots sur ses émotions : « Tu es en colère, je comprends que tu sois très contrarié,   car il t’a piqué le jouet avec lequel tu t’amusais. Toutefois, on ne mord pas, car ça lui fait mal et on ne blesse pas ses camarades. »  l’enfant se sent compris lorsqu’on met des mots sur ses émotions, cela l’aidera aussi à les exprimer le plus tôt possible verbalement plutôt que sous forme de crise émotionnelle, souvent traduite par des pleurs. L’enfant se calme alors très rapidement et les jeux peuvent reprendre.

 

D’autres concrets comme le moment du coucher peuvent être cités ;l’enfant refuse de dormir, on peut choisir la facilité : laisser pleurer l’enfant dans son lit, il finira par comprendre qu’on ne répond pas à ses besoins et effectivement par se taire. On peut chercher la cause de ces pleurs ; est-ce qu’il a faim, soif, a-t-il compris que c’était l’heure de dormir, a-t-il besoin d’être rasssuré ou tout simplement n’a-t-il pas envie de dormir? A-t-on le droit, d’ailleurs, de prendre en compte l’envie d’un enfant de 18 mois ou cela fait de nous des parents laxistes ? Si l’enfant a soif ou faim, le problème est généralement très vite solutionner. Il est plus difficile,en revanche, de l’aider à comprendre le moment du coucher, il existe pourtant des façons d’agir efficacescomme l’instauration de routines qui permettent à l’enfant de se rassurer et se repérer. Il comprend au fur et à mesure, qu’après la douche, il y a une histoire racontée, et qu’après l’histoire, c’est l’heure de dormir. Il s’y prépare donc bien avant et accueille d’une meilleure manière le moment du coucher. Dormir c’est aussi se séparer de ses proches, et cela peut être très angoissant pour un enfant, c’est donc tout à fait normal qu’il aie besoin d’être rassuré et de ressentir votre présence à ses côtés; pour combler ce besoin affectif il y a le maternage proximal mais pas seulement, s’allonger au côté de l’enfant, le câliner, le masser, libère par exemple des hormones comme l’ocytocine qui l’aident à se sentir mieux, à se détendre et s’endormir apaiser. Alors oui, cela demande de rester plus longtemps et des efforts, mais tout le monde en ressort encore une fois gagnant.

L ‘éducation positive, par ou commencer ?

 

Des petits changements quotidiens peuvent très vites permettre d’améliorer l’ambiance familiale. La première des choses, est de se renseigner sur les phases de développement de l’enfant, afin de bien comprendre comment il fonctionne, ce qui peut être exigé ou non de lui, et adapter nos comportement en fonction de cela. Je compte bien t’aider sur ce premier point, en publiant régulièrement sur mon blog, différents articles sur les stades de développement de l’enfant entre 0 et 6 ans.

 

Le deuxième point est de s’orienter vers le positif : qui n’a jamais entendu du terrible two? Entre 18 et 36 mois, l’enfant s’affirme et rentre dans ce que certains appellent une phrase d’opposition. En même temps, lorsqu’on lui dit continuellement non pour affirmer notre autorité de parent, on ne peut que s’attendre à ce que l’enfant emploi également sans cesse le non pour affirmer sa personnalité d’enfant. Pour éviter l’emploi abusif du non, préférer  par exemple dire stop pour stopper nette une action ou encore employer des phrases affirmatives plutôt que la négation : “Marche à mes côtés, c’est plus sûr pour ta sécurité » plutôt que « ne cours pas »

Essaie de garder ton tshirt propre s’il te plaît » plutôt que « ne te salis pas » « Coloris sur la feuille sans dépasser » plutôt que « ne dessine la table ». Tout d’abord, des instructions affirmatives sont bien plus claires et donc bien mieux comprises par l ‘enfant. En effet, rappelons-nous encore une fois, que leur cerveau bien que extrêmement développé, n ‘est pas encore identique au nôtre dans le traitement de l’information. Dire à un enfant de ne pas faire une chose, lui demande dans un premier temps d’identifier la chose puis dans un second de temps, comprendre qu’il ne faut pas la faire, et on exige de lui que cela soit fait de manière simultanée alors que cela est compliqué même pour un cerveau adulte. Isabelle Filliozat cite dans son livre « J’ai tout essayé » l’exemple suivant ; ce serait comme dire à un adulte « n’imagine pas une girafe ! » naturellement nous allons d’abord nous imaginer la girafe avant de tenter de l’exclure de notre imagination. On constate donc que les ordres négatifs sont bien plus difficiles à comprendre et mettre en pratique qu’une phrase affirmative claire qui permet à l’enfant de comprendre ce qu’on attend de lui. De plus, il se sent ainsi responsabilisé, et donc ressent moins le besoin de s’opposer pour s’affirmer puisqu’on lui donne l’opportunité de le faire en étant responsable, il est ainsi plus emprunt à écouter et faire ce qui est voulu.

 

Le troisième point consiste à éviter d ‘employer le « tu » accusateur et culpabilisateur, « tu me fatigues » « tu es méchant » « tu es sales » encore une fois, ces phrases loin d’être anondines, peuvent très vite pousser l’enfant à vouloir satisfaire cette idée qu’on a de lui et le pousse ainsi à se renfermer dans le rôle du méchant, fatiguant et ainsi de suite. Il faut donc priviliéger des phrases comme « Je suis fatiguée, car tu as été très excité toute la journée » ou bien « Je trouve méchant le fait de ne pas vouloir partager son gouter » et encore « ton pull est tout sale »

 

Le quatrième est de ne pas faire à ton enfant, ce que tu voudrais pas que l’on te fasse. Tu es entrain de faire une superbe activité, tu es hyper concentré et là, on t’arrache et on te pose dans le lit, à barreau qui plus est, dans le noir parce que « c’est l’heure de dormir et ce n’est pas toi qui décide ». Je crois que tu réagirai comme lui. C’est important donc d’ accompagner l ‘enfant, se mettre à sa hauteur pour tenter de lui faire comprendre qu’il est l’heure par exemple d’aller dormir. Il faut l’aider à s’y préparer par exemple à l’aide des routines ou par le fait de l’énoncer verbalement. « Nous avons bien joué au parc aujourd’hui, tu veux qu’on y revienne demain ? Fais encore trois tours de toboggan et nous allons rentrés à la maison. Tu veux compter avec moi ? » L’enfant commence à se mentaliser le départ et cela permet de désarmoçer la crise.

 

Le cinquième point, toujours dans le but de responsabiliser l ‘enfant pour lui permettre de s’affirmer, il est important de lui proposer des choix ; tu souhaite mettre le pantalon noir ou le  pantalon rouge aujourd’hui ? » ou encore dans le but de le préparer à la fin d’une activité «  nous allons bientôt rentrés. Tu veux passer par quel chemin ? Celui vers la marre aux canards ou bien tu préfères passer côté des fontaines ? » « Tu voudrais que je te lise quelle histoire ce soir ? »

 

Je t’ai livré ici quelques clés pour appliquer au quotidien des principes basiques de bienveillance, rassure-toi, ils sont pour tout le monde bien plus difficiles en pratique qu’en théorie. Crier parfois, être autoritaire, ne fait pas de nous des parents malveillants pour autant. Mais petit à petit, en appliquant davantage de ces préceptes et en comprenant mieux son enfant ainsi qu ‘en se faisant mieux comprendre par lui, l’épanouissement familale sera alors au rendez-vous. N’oublie pas que la montagne est faite de petits cailloux ! Il en est de même pour l ‘éducation, chaque petit geste qui tend à l ‘amélioration compte.

 

N’oublie pas, il n’y a pas de parents parfaits ni d’enfants ingérables, alors positive !

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